Harry Styles à l’Olympia : Peace, Love and Rock’n Roll (live report)

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L’idole de toute une génération foulait hier soir la scène de l’Olympia devant un parterre de fans survoltés. Pour sa première date française en solo, Harry Styles a interprété l’intégralité de son nouvel album et nous avait réservé un paquet de jolies surprises…

C’était l’événement hier soir à l’Olympia. Le leader de One Direction donnait son tout premier concert solo dans la capitale parisienne et c’est peu dire s’il était attendu. Après des années de gloire au sein du boys band le plus célèbre de la décennie, Harry Styles a maintenant pour ambition de briller en solo, en témoigne son nom scintillant en grosses lettres rouges sur la célèbre façade de l’Olympia. Il faut dire que dès ses premiers pas sur scène dans l’émission The X Factor en 2010, le jeune homme semblait destiné à devenir une star. Un charisme naturel, une jolie voix rauque et une personnalité déjà bien affirmée… Lorsqu’en 2015, One Direction annonce vouloir prendre une pause afin que chacun puisse tenter sa chance en solo, c’est tout naturellement vers lui que tous les regards se tournent. Harry Styles en profite alors pour faire ses débuts au cinéma sous la direction de Christopher Nolan (Dunkirk, 2017) puis s’envole en Jamaïque pour enregistrer son premier album. Le résultat est plutôt surprenant. A l’époque où l’auto-tune et l’EDM cartonnent dans les charts, le chanteur du boys band planétaire préfère lorgner du côté du rock bluesy. Après avoir suivi ses folles aventures avec One Direction, il nous tardait de découvrir Harry Styles seul sur scène, dans l’intimité de l’Olympia.

Harry Styles à l’Olympia : Peace, Love and Rock’n Roll (live report)

Depuis l’aube, une file interminable serpente Boulevard des Capucines, attirant la curiosité des nombreux passants. Quand on parvient à se faufiler à l’intérieur, la salle archi complète est déjà surchauffée et un grand rideau rose à fleurs camoufle la scène. Il est un peu plus de 21 heures lorsque l’Olympia est plongée dans l’obscurité. Une silhouette se découpe dans un faisceau lumineux, déclenchant inévitablement une vague de hurlements stridents (et d’évanouissements). La soirée débute pourtant tout en douceur. Sur les accords folks de « Ever Since New York », Harry Styles apparait enfin, très élégant dans son splendide costume rouge. Tel un poète romantique, il se confie sur ses peines de cœur en exploitant toutes les nuances de sa voix (« Two Ghosts », « Sweet Creature »). Aussi surprenant que cela puisse paraitre, le chanteur superstar semblait presque intimidé en début de set. Habitué à se produire dans l’immensité des stades du monde entier, il reste moins coutumier des petites salles intimistes qui l’obligent à regarder les spectateurs dans les yeux. Nerveux, Harry Styles n’avait pourtant pas à l’être. Les cris assourdissants et l'enthousiasme palpable d’un public déjà acquis à sa cause promettait d’avance une soirée mémorable. « Mon job pour l’heure à venir est de vous divertir. Votre job à vous c’est de danser, de chanter et surtout de faire tout ce qui vous rend aussi heureux que possible, » lance-t-il en empoignant sa Gibson avant d’interpréter la très groovy « Carolina ». Du haut de ses 23 ans et avec seulement 10 chansons à son nom, Harry Styles possède déjà le charisme et l'élégance de ses aînés, la fougue de la jeunesse en plus

Scène 1, Acte 2 : Harry Styles semble enfin trouver ses marques et se glisse alors dans la peau du rockeur déchainé. Sur « Only Angel », le chanteur arpente la scène de long en large dans une démarche clairement empruntée à Mick Jagger. Il s’aventure à la rencontre des fans au premier rang, chope au passage un drapeau arc-en-ciel et un drapeau français pour les agiter fièrement dans les airs, avant d'en accrocher un bien en vue sur son micro. Bien plus assuré qu’au début de la soirée, le chanteur fait le show, crédits à ses années au sein de One Direction qui lui ont sans aucun doute permis d'acquérir une présence scénique indiscutable. Mais ce qui fait tout le charisme du personnage, c’est surtout son approche candide et son sourire sincère. Harry Styles a envie d’être une rockstar oui, mais une gentille rockstar. Sa seule et unique provocation se résumera à tirer la langue aux premiers rangs. Charmeur, il tente même de baragouiner quelques mots en français : « Comment vous faites un café, c’est délicieux ! » lâche-t-il entre deux remerciements. Lorsqu’il s’agit de flatter ses fidèles fans, celui dont le merchandising est brodé de la mention « Treat People With Kindness » (Traitez les gens avec gentillesse) n’est pas avare de compliments. Quitte parfois même, à en faire un peu trop. « Vous êtes vraiment les plus fabuleux » déclare-t-il avant de demander aux spectateurs de serrer dans leurs bras le premier inconnu à côté d’eux. Jamais arrogant, toujours souriant, Harry Styles se déhanche d’un pas gauche sur la sexy « Woman » avant d’offrir une interprétation habitée de la chanson d’ouverture de son album, « Meet Me In The Hallway ».

Le set se poursuit avec « Just A Little Bit Of Your Heart », chanson qu’il a lui-même écrite il y a quelques années pour Ariana Grande. En fin de soirée, l'ex-One Direction a tenu à rappeler à tout le monde d'où il venait en reprenant « Stockholm Syndrom », extrait du 4ème album de ses « merveilleux amis ». On ressentirait presque une pointe de nostalgie en repensant à l’innocence et la folie qu’avaient les cinq complices durant l’âge d’or de 1D. Harry nous y replonge encore un peu plus en dégainant l’énorme tube de One Direction « What Makes You Beautiful », revisité dans une version rockabilly. Un choix plutôt audacieux pour un artiste qui tente de construire son propre univers. Mais le plus jeune du clan 1D est bien décidé à prouver qu'il n'est vraiment pas nécessaire de tirer une croix sur son passé pour avancer en solo. C’est finalement sur « Kiwi », hymne résolument rock et officiellement annoncé comme troisième single de l'album, que l’ambiance atteindra son paroxysme. Harry Styles, flamboyant, renoue avec le rock des 70’s qu’il affectionne tant et dévoile ses plus beaux pas de danse. En l’observant sur scène en face de nous, on constate que sa prestation live est à l’image de son premier album : passionnée, authentique, inspirée, sans pour autant nous permettre de découvrir qui est vraiment Harry Styles. Un grand fan des Stones, très certainement. Un vrai showman, sans aucun doute. Mais difficile encore de cerner complétement l’univers du jeune homme tant il puise de manière évidente dans ses influences. 

Harry Styles à l’Olympia : Peace, Love and Rock’n Roll (live report)

Harry Styles s’éclipse déjà une première fois avant de regagner la scène sous les hurlements pour interpréter « From The Dining Table », subtilement accompagné de Mitch Rowland à la guitare. Il offrira ensuite une jolie cover de « The Chain » (titre extrait de l’album Rumours de Fleetwood Mac) avant de remercier chaleureusement son public, très majoritairement féminin : « Je me sens tellement honoré de jouer devant les femmes si fortes que vous êtes ». En guise d'adieu, Harry Styles avait bien sûr gardé en réserve la plus épique de ses compositions : « Sign of the Times », le single qui, en avril dernier, a officiellement lancé sa carrière solo. S’inscrivant dans la pure tradition rock british, le titre est venu clôturer majestueusement un set haut en couleurs, alliant finesse et efficacité. Pourtant, après seulement 1h10 de concert, on ne peut s’empêcher de rester franchement sur notre faim. Pour un artiste de cette envergure dont la discographie contient par ailleurs cinq albums bourrés de tubes planétaires, on espérait un peu plus qu’une petite heure de live. Reste à savoir si le jeune homme se montrera un peu plus généreux lors de son show à l’AccorHotels Arena le 13 mars 2018. Néanmoins, on a pu découvrir hier soir un artiste authentique, captivant et terriblement charmant, qui commence tout juste à dessiner les contours d’un univers travaillé basé sur la tolérance et la solidarité. Si l’avenir du boys band qui l’a fait connaitre semble encore très flou, la carrière solo de Styles elle, semble avancer dans la bonne direction.

SETLIST

  • 1. Ever Since New York
  • 2. Two Ghosts
  • 3. Carolina
  • 4. Sweet Creature
  • 5. Only Angel
  • 6. Woman
  • 7. Meet Me in the Hallway
  • 8. Just a Little Bit of Your Heart (Ariana Grande cover)
  • 9. Stockholm Syndrom (One Direction cover)
  • 10. What Makes You Beautiful (One Direction cover)
  • 11. Kiwi

Rappel

  • 12. From The Dining Table
  • 13. The Chain (Fleetwood Mac cover)
  • 14. Sign of the Times
Source : Marion Jouanneau/Cléa Jouanneau